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le monde sensible dans lequel nous vivons et que nous percevons par nos sens, monde affecté par le changement et la dégradation ; le monde intelligible, qui constitue l'essence du premier, et qui contient les Idées immuables. Pour Platon, le seul monde qui est véritablement est celui de la permanence, donc le monde des Idées. Le monde sensible est soumis à l'empire des Idées, aussi bien sur le plan éthique que d'un point de vue ontologique : il ne tire son être que par participation (méthexis), ou par imitation (mímēsis) du monde proprement existant des Idées. Dans le domaine de l'anthropologie, comme dans celui de la métaphysique, Platon est dualiste : l'âme et le corps sont nettement séparés l'un de l'autre, et l'âme domine le corps. L'âme a existé avant d'être incarnée sur terre, de la même manière qu'elle existera après la mort. Elle provient de la sphère du Noûs, du divin et du raisonnable, et prend une forme corporelle après chacune de ses incarnations, où elle est enfermée dans le corps (sôma), lui-même « semblable à une maladie » ou à une « tombe » (sêma). Le but de l'existence terrestre devient alors le retour de l'âme à son état originel par l'anamnèse, capacité que possède l'âme de rechercher et retrouver les Idées dont elle a conservé la connaissance virtuellement.
Sources : fr.wikipedia.org
La philosophie d'Aristote contient la première systématisation, dans l'histoire de la pensée occidentale, d'une théorie de l'être appelée « ontologie » (du grec ôn, óntos qui signifie « étant »), dont le caractère dualiste n'oppose pas deux types de substances, mais deux principes : la « puissance » (ou matière) et l'« acte » (la forme). Dans sa Métaphysique, Aristote se sépare de Platon dont il critique la théorie des Idées dès le livre premier :
Sources : fr.wikipedia.org
« [Les Idées] ne sont plus d'aucun secours pour la science des autres êtres, […] ni pour expliquer leur existence, car elles ne sont du moins pas immanentes aux choses participantes. » Le projet d'Aristote est d'abolir toutes les apories du platonisme en dépassant le dualisme platonicien de l'Idée et de l'objet sensible. Il souhaite constituer une science de l'essence des choses, ce qui nécessite que l'essence des choses leur soit immanente. Il recourt pour cela à un dualisme de principe, plutôt qu'à un dualisme de la substance, entre, d'une part, la matière (en grec, hýlē), conçue comme une simple puissance ou possibilité, et, d'autre part, la forme (en grec, eídos ou morphḗ), qui est l'acte par lequel la matière devient intelligible et constitue effectivement le monde. Au sein de la matière, l'essence n'existe qu'en puissance ; à l'inverse, la matière ne parvient à la réalité que par la réalisation progressive d'une forme. Dans l'objet, ces deux principes ne peuvent apparaître qu'ensemble et leurs manifestations sont inextricablement liées. Aristote synthétise sa théorie de la matière et de la forme par une conception dynamique de la nature où les êtres sont en devenir : à partir du « fond substantiel » (en grec, hypokeímenon) de la matière se constitue progressivement la forme de l'objet. L'essence de la chose n'est pas régie, comme chez Platon, par une Idée qui lui serait transcendante et qui existerait de toute éternité, mais elle se réalise au cours d'un processus interne. Ce déploiement progressif de l'essence, Aristote le nomme « entéléchie ».
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D'après lui, tout développement présuppose un but selon lequel l'ousia progresse en se déployant du possible au réel. Mais la matière résiste en quelque sorte à la mise en forme. A l'essence imprimée par la forme s'opposent les contraintes (anankḗ) de la matière, d'où proviennent le hasard et les « accidents » en général. Parce qu'ils ne sont pas eux-mêmes intelligibles ou conceptualisables, les aspects accidentels du monde sont exclus de la science aristotélicienne. De cette conception résulte une construction stratifiée du monde qui se déploie de la pure matière, comme limite inférieure, vers la pure forme, comme limite supérieure. Il existe par ailleurs chez Aristote un dieu, ou pur esprit, qui correspond à la pure forme du monde et qui est aussi son premier moteur, première cause du mouvement mais lui-même parfaitement immobile. Le monde n'est pas animé par l'action de Dieu, mais par la tendance « nostalgique » de la matière à retrouver la forme originelle du monde. Toutes les causes qui réalisent le mouvement, ainsi que la production et la transformation des choses, concourent à cette relation dynamique du monde à Dieu.
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